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aura lieu
le samedi 24 mars 2012 à 10 heures
à Paris
Maison des Associations du 6e
60, rue Saint-André-des-Arts
75006 Paris
(métro Odéon)
qu'on se le dise !
Nos nouvelles éditions à compte d'éditeur
Le concours Emile Ripert
organisé par la mairie de La Ciotat
sous l’égide de la Société des Poètes français et du Félibrige,
est ouvert à tous les poètes jeunes et adultes
En demander le règlement à Véronique Ripert, Le Sécadou
impasse du Sécadou 13600 LA CIOTAT
ou à la mairie de La Ciotat
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joindre une enveloppe timbrée et libellée
pour la réponse, merci
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Bouzigues, impression vue du port
Fugaces poissons d’argent, scintillements, lueurs allumées sur l’étang
Horizon étale, d’une myriade de vaguelettes miroite
Bateau de pêcheurs glisse sur l’onde
Moteur ronronne en sourdine
Filets abandonnés sur le quai
Flotteurs de liège éparpillés
Claquement de haubans,
Brise du large sur douceur de visage
Tamaris fleuris de chants d’hirondelles
Campanile
Casiers supports de vie, tuteurs d’huîtres
Ouvrent d’interminables couloirs, sur l’infini du paysage
Perspectives estompées, la mer rejoint le ciel sur le brouillard d’ azur
Mûriers platanes, privés de leur feuillage, ne dispensent aucune ombre
Mont Saint Clair bienveillant, dauphin posé sur l’horizon des rêves,
Presqu’île silhouette découpée sur le lointain
Touristes défilent
Soleil au zénith dessine des ombres courtes,
Petits pas menus s’effritent sur le gravier
Crissements de la vie
Paroles escamotées
Bruissement des déjeuners,
Et la vie qui s’enfuit
Qui s’échappe
Au loin qui se poursuit
Face aux paysages, éternels, immuables,
Palpite au mépris des humains
Qui se conjuguent au téléphone des vies
© Marie-Agnès Tridon Salehzada
Je rêve de doucereux amours
et de beautés mystiques
Dans mon cœur tout garni de tristesse
Je rêve de doucereux amours et de beautés mystiques.
Je suis un bonheur que ravit toute clarté.
Mon âme est en désordre et j’aspire aux plaisirs les plus doux.
Mon amour est plein d’odeurs légères et de doubles lumières.
C’est vous que j’attends comme un rare parfum dans un précieux vase.
Je vous aime déjà vous qui connaissez si bien le lent frôlement des caresses.
Votre voix ruisselle de mille éclats charmants et rend le printemps si précoce.
Je veux boire à vos lèvres pour connaître un ciel de désir.
Le baume est dans votre bouche et mon âme est prête à s’exhaler.
Je laisse couler les heures dans l’harmonisation de chants et de baisers.
Nous entrons dans une nuit de rose aux ébats languissants.
Vous êtes le chant suprême et moi l’écho de choses surprenantes.
Le vent s’initie à votre rythme, à votre silence et à votre cri.
Nous conjuguons ensemble dans l’alphabet d’une argile nouvelle.
Nous pressentons les fibres du bonheur et les moments étoilés.
© Christian MALAPLATE
J’aime ce moment où la nuit vient
Le vent se calme avec regret
Les chiens deviennent stoïciens
Les hirondelles jouent de l’archet
Assis sur un banc attentif
Au moindre bruit autour de moi
Je regarde les arbres pensifs
Me sentant heureux d’être là
J’aimerais que ce moment dure
Toute la nuit à l’infini
Pourquoi faut il que la froidure
Me dise de rejoindre le nid
Ces quelques instants magiques
Me rapprochent de la vérité
Qui depuis les temps antiques
Règne sur nos cœurs et nos idées
Nous savons que nous sommes Dieu
Chacun de nous n’est qu’une partie
D’un Tout unique et harmonieux
Qui dispense à son gré la vie
© Joseph Hönen
L’écho résonne en nous.
Les murs ornés de maux sont blanchis par l’obscur
De nos regards profonds, l’immanente justice
De paix, des mots vaincus ; la fleur éclot l’impur
Métal du temps, l’aiguille enfile ma blandice.
Un vertige, l’ailleurs de mon corps, l’essentiel
Brûlure en épis d’or, une noble naissance
Un enrichi destin qui maquille mon ciel
Devant le beau portail noir de l’inconscience.
L’écho résonne en nous comme cet hosanna
Nuptial, l’interdit bonheur se couronna
De succès fascinants encrant mes invisibles.
A quelques doigts de nous l’appétit aiguisé
Se réveille, des velours gravitent mon rêvé
En l’idéalisant — Je suis tes impossibles.
© James Denis
Saisons
sentimentales
La magnétique effluve embaume ma naissance
Je m'enivre d'extase, affleure le printemps
Un fouillis de verdure en teinte d'abondance
J'étends la flânerie au pers de l'entre-temps.
Combien le ciel d'azur sur mon chemin si vague
Et le soleil pensant tous les impacts profonds
D'un hiver disparu en la claie de la drague
Exhibent leurs couleurs les esprits vagabonds
J'assemble les saisons bien fier de mes reliques
Symboles de constance, en deux siècles, présent
J'ai brouté tous les vers dans les chants mirifiques
Des automnes venteux, d'un mistral à l'accent.
Plus qu'un lointain mirage, un soleil qui opère
Tarit mon révolu aux charrois des étés
Me veux sentimental, la fleur bleue qui tempère
Ô sublime univers, ô suprêmes beautés.
© Gérard Hartalrich dit Artal
In mémoriam
Vers les rives du temps, la ferme de Suzanne
Brisait les flots herbus, l’océan Campagnard.
Cet ancien bâtiment sous pavillon briard
Portait en ses flancs lourds la splendeur paysanne.
L’air sourdait du cellier par une barbacane ;
Dans ce filet d’air frais, Jean, un rude gaillard,
Tressait de grands paniers. Il puisait avec art
Chaque long brin d’osier d’une profonde banne.
Adieu menthe poivrée, adieu vieux saule blanc.
Voici plantés palmiers et thuyas bien en rang.
Sait-il notre terroir, ce rustre de la ville ?
Il préfère une grille à la barrière en bois
Et de sombres parpaings au muret d’autrefois.
De tels méfaits l’auteur aurait-il l’âme vile ?
© Pierre
BERNARD
Le chercheur de bonheur
Le chercheur de bonheur est un vieux voyageur
Qui chemine à travers les ombres chinoises
De passantes immatures que le soir apprivoise
Se traînant sans courage sur la piste des peurs.
Il s’accroche aux lumières de sombres bistrots
A grand coup de bouteille écrasant son cafard
Sur le zinc déglingué d’un amical comptoir
Avant de s’affaler au fond des caniveaux.
Bien sur il connaît des moments de faiblesse
Où le doute implacable lui fait perdre sa route
Mais quelque soit le prix, il veut vivre coûte que coûte
Des passions éthérées loin de vos belles promesses.
Le chercheur de bonheur a le cœur très sensible
Mais il garde son cap, quelque soit le naufrage
Et pour l’assaut final, il arme forces et courage
Pour viser à coup sûr, en plein cœur de la cible.
© Marc ROULLIER
Silence
Nous avons échangé des mots pleins de silence.
Si nous avons parlé, nous ne nous sommes rien dit.
Nous avons entamé notre valse, quelle chance !
On tourne en rond sans cesse et on est étourdi.
On a soigneusement évité les écueils.
On reste dans la rade, on redoute les vents.
On quitte la maison, mais on reste sur le seuil,
On ne s’éloigne pas. On se montre prudent.
Les mots, on le sait bien, sont tranchants comme la lame.
On sort de leur étui les mêmes bien élimés.
Pourtant, contre le malheur, sur la page, comme des armes
Ce sont eux qui souvent viennent me protéger.
Je connais les dangers dont tous, ils nous menacent.
Mais je n’ai rien trouvé d’autre pour les remplacer.
Ces mots pleins de silence nous laissent tous de glace.
Je sors. J’ai besoin d’air. Je suis frigorifiée.
© Brigitte BEAUDIN
J’ai retrouvé
ici et là
des mots ainsi jetés
recherchant l’harmonie d’un poème.
Une encre bleue en quête de vérité.
Remplir sa vie
entre le doute et l’assurance
les mots du poète
se murmurent,
se respirent
car ils sont le reflet de son âme.
Là où l’horizon
se perd avec le ciel
il sent frémir la terre
et la fragilité du vent.
J’ai retrouvé
sur une feuille jaunie
les silences du poète
entrant ainsi
dans le lyrisme de ses mots.
© Danielle RISSE
Au delà des repères
Plus rien n’est fixe,
Tout est flottant.
Les temps seront quand les temps furent.
La vie en quinconce, en zigzag,
Suspendue au fil invisible
Comme une libellule
Au-dessus de l’étang.
Les jours mélangés, confondus,
Hier je serai, demain je fus.
Evoluée, involuée
L’existence autour de son axe,
A la fois soleil et trou noir.
Tout est flottant,
Plus rien n’est fixe.
Les temps furent quand les temps seront.
© Luce Péclard
La déportation
Dès que tu t'en iras, pressée par l'au-revoir,
Paupières affalant leur étourdissement ;
Sitôt tourné le dos, sans plus te décevoir,
Je suspendrai la nuit à ses frémissements.
Quand tu seras là-bas, si lointaine, si terne
Qu'aucun tain de miroir ne pourra réfléchir,
Entendras-tu pousser ce grain que l'on materne
Autant qu'un nouveau-né et que la dent déchire ?
Dès que tu t'en iras vers ce vague périple,
Sans l'once d'un poids mort au fond de tes bagages,
Réservant à mes maux des contusions multiples,
J'irai prendre le pouls d'un ciel qui se dégage.
Quand tu seras là-bas, sur ce grand mur de Chine,
Mongolie dédaignant trop sa riziculture,
Entendras-tu gémir aux pliures d'échines
La terre retournée comme une sépulture ?
Dès que tu t'en iras, huis à jamais fermés,
J'irai me recueillir sur le seuil d'une porte
Où des graines de moi n'arrivant à germer
Ont affamé ton corps pour que tu le déportes.
© Serge Éveno
Odyssée
La vague a déferlé comme une gerbe d’or
Et la perle irisée au creux du coquillage
Quitta l’écrin de nacre et suivit son sillage
Mais le sable vermeil la voit frémir encor
Un regard a trouvé son miroir dans tes yeux
Et ton âme rêveuse en quête de partance
Prit un nouvel essor à cet appel intense
Et puis s’en fut cueillir l’amour au fons des cieux
La muse a soulevé son voile diapré
Le songe doucement s’est posé sur sa lèvre
Afin que d’un baiser elle apaise ta fièvre
Et que s’éveille en toi l’Autre enfin révélé.
© Joëlle di SANGRO
Louange à toi, pensée !
Lumière étincelant au sein de l’Univers,
Permets-moi de t’offrir ce modeste poème,
Aussi sincère et pur, qu’à l’Être que l’on aime,
On déclare un Amour sans tâche ni revers.
Tu es sœur de l’Esprit, née pour la transcendance.
Orfèvre génial de la création,
Tes généreux projets aident à l’option
Des meilleurs carrefours desservant l’abondance !
En France tu conquis l’utile Liberté,
L’Egalité des Droits et la Fraternité ;
Ainsi, as-tu atteint les sommets de la Gloire.
En chaque Nation, des essais de Partage
Ont trop ensanglanté ses pages de l’Histoire…
Offre à Toutes la Paix en constant Héritage !
© Louis FONTAS
J'écris, je crie
Se dessine l'encre bleue dans un calme
absolu
Les phrases forment des noeuds sur le doux papier nu
J'écris
Anonymes et secrètes là dansent les lignes
En guise de lettre de mon humeur chagrine
Je crie
Cascade de larmes déguisées en virgules
En message de charme où ma prose jugule
J'écris
Un roman passager dont je suis la victime
Biographe indiscret de nos amours infimes
Je crie
Ma pensée se défoule en mes paroles absentes
Et de ces rimes coulent un flot de déferlantes
J'écris
Complicité des pages à qui je peux confier
Mes espoirs les moins sages mais aussi mes regrets
Je crie
Cachés derrière les mots tu sauras deviner
Les sens les plus beaux mais jamais dévoilés
J'écris
Perdues sont soulignées deux ou trois allusions
Audace crayonnée à ta seule intention
Je crie
J'écris à l'encre bleue des maux qui sont décris
Mais tout ça est un jeu pour colorier l'ennui.
© Jean-Michel de Cauville
Le dormeur du bal
C’est un gai caboulot où chante une rengaine
Allumant follement dans les yeux des lampions
D’amour ; ou les couples enlacés que la musique égrenne
Valsent ; c’est un petit bal qui mousse de jupons
Un clochard, vétuste, lippe, molle, front chenu
Et le menton piquant dans un jabot sans teint
Pionce ; il est assis là sur un banc, saugrenu,
Seul, devant sa bière au panache incertain
Les pieds dans les mégots, il pionce ; souriant comme
Sourirait un gamin : aux anges, il fait un somme.
Musette, berce bien gentiment ses vieux rêves
Les flons, flons ne font plus trémousser sa gambette
Il dort dans les néons la main sur sa canette
Bourré, il a deux bulles roses au coin des lèvres.
© Pierre Eyrignoux
Le rêve charpenté
Les amants chantent un air d’antan
Pour se souvenir des rives du fleuve
Les amants sont seuls au monde
Dorénavant ils feront le vœu
De se retrouver l’été suivant
Avec une romance d’espérance
Comme ils sont dévoués au ciel
Bleu irisé dans le temps de l’éternité
Ils retourneront au village ancien
Dormir dans la maison
Ils voudront consolider
Le rêve charpenté de la construction
Plus solide que les poutres pleines
© Marie-Odile Bodenheimer
La nuit
Etincelles, lueurs magiques
Des étoiles sur la voûte céleste
Fondent dans la nuit… et
Enveloppent mon âme.
Un cri qui s’éteint
Dans la paix des profondeurs :
Une chouette…ou quelque hibou
Me sort de mes songes.
Un oiseau de nuit
Frôle mon visage,
Fait passer en moi un frisson
Venu du mystère du temps.
Le bruissement d’une feuille
Me ramène à l’évidence :
Autour de moi la vie
Continue ostensiblement .
La lune veille.
Plongé dans le repos,
Rassuré, je me laisse aller
Dans le silence régénérateur.
Isolé du monde,
Du bruit des humains,
Je me retrouve
Face au vivant subtil.
Ma tête s’emplit
De merveilles,
Sur mon tapis d’herbe
Je vogue dans l’univers.
© Serge Lapisse
Rêve d'automne
© Jacqueline Bloncourt-Herselin
Fin septembre
En ce jour estival, m'en allant promener,
Sur les bords de la Seine, le hasard m'a menée.
J'ai vu des papillons, dans un vol titubant
Et puis des pâquerettes qui poussaient près du banc.
La famille canard, barbotait loin des pierres ;
Le mur disparaissait sous la poussée du lierre.
Les saules, aux long bras, dansaient avec la brise ;
Oubliés la fatigue, les soucis et la crise…
Des poissons devinés faisaient des ronds dans l'eau…
J'ai salué, ravie, les quelques matelots
Dont les lourdes péniches laissaient, sur leur passage,
Un remous clapotant, un énorme sillage.
Le soleil généreux. L'onde grasse, mutine…
Un instant j'ai songé que, me sachant chagrine,
Du jour au lendemain, seulement pour me plaire
L'automne était parti en emportant l'hiver.
© Nina Padilha
Babylone
© Frédérique Cussatlegras-Adbellaloui
fin des poèmes par manque de place
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Vos poèmes sur internet*2*
Vos poèmes sur internet *2*
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Le jour où le Bon Dieu s’était fâché…
La terre était devenue eau,
Les îles avaient caché leurs montagnes,
Le soleil avait déménagé : le nord était devenu le sud, le sud était devenu nord
La pluie se faisait inondation,
Les forêts étaient rabougries. Les animaux n’étaient plus sauvages. Ils ne tuaient plus pour vivre…
Les saisons ne savaient plus où elles en étaient. On aurait dit qu’elles étaient ensorcelées…
Les continents tremblaient en vomissant du feu et des pierres.
Les glaciers languissaient avant de disparaître dans les abîmes des fonds marins.
Les poissons s’ennuyaient entre eux, à force d’être si peu nombreux.
Il n’y avait plus personne pour regarder les couchers de soleils qui décidèrent de ne plus se coucher…
Il n’y avait plus de levée du jour car la nuit ne tombait plus…
Les hommes ne dormaient plus, ils ne mangeaient plus, ne parlaient plus, ne riaient plus, ne vivaient plus.
On m’a dit qu’ils attendaient de mourir mais le temps lui-même ne passait plus !
Qu’avaient-ils fait, les hommes, pour que le Bon Dieu soit si fâché ?
© Marie GAGNON
En vie
Juste un rai de lumière pour décorer la pièce
Les meubles sont partis laissant leur trace au sol.
Déjà c’est le passé qui imprime son haleine
La porte entrebâillée ne masque plus l’ennui.
Celle qui fût un temps prisonnière d’un mal
Est sortie du chaos grâce à sa volonté,
Son envie de lutter contre cette existence
Cloîtrée dans le silence de la putréfaction.
Là voilà renaissante sur la piste sonore
Qui anime la ville et rythme son courant
Elle se fond dans la masse et redevient poisson
Retournant à la mer après avoir pondu.
Ceux qui la croyaient perdue parlent de miracle
Elle qui n’a jamais crû aux pouvoirs d’un divin
Et pour ses quelques proches qui n’ont jamais douté
Elle assure qu’elle va bien, évoque ses projets.
Il est des épisodes qui nous laissent songeurs
Sur leur réalité ou leur manque de crédit
L’important c’est qu’une femme condamnée par la vie
Ait trouvé l’énergie pour construire un demain.
© Philippe Nicolas
Déluge
écho d'orage au tain de l'étang
en suspens /
tremblement des feuillages sur
celadon /
vibrisses des flammes d'argent à l'horizon/
les gouttes cristallisent le fil du
temps /
entre les aiguilles dressées sur l'événement /
les jupes de pluie dès la taille des buissons /
les coulées perlées au moulin des floraisons /
collerettes aux moissons d'étoiles au firmament /
autour du tronc les rames brassent les saisons /
du haut du mât oú pivotent rayons et feuilles /
l'haleine du vent sur les fraîches
pousses s'effeuille /
l'imperceptible murmure brode
festons/
aux gondoles des frondaisons doublées calquées /
entre d'ultimes sons de l'alerte passée .
© Claude Felgerolles
Qui marche dans le soir
quand le silence et l’ombre
se marient et que sombrent
les heures ?
Qui parle dans le noir
aux fantômes qui sans bruit
se glissent le long des murs
et errent sous la pluie
à la recherche d’un abri
ou d’une porte
pour sortir enfin de la nuit ?
Qui vois-je au crépuscule
venir à moi les bras ouverts
le regard froid et bien plus pâle
que la face de la lune ?
Ô mon âme ! c’est toi qui viens
qui viens à moi !
La face froide de la lune
Ô mon âme c’est bien toi.
© Chantal Godé-Victor
Quand tu entends
Les lignes de mes mots
Se briser
A l’Est des sources vives
Ne me protège pas
De la tyrannie du moi-poète !
Je saurai comme toi
Maintenir mon désir
Allumé
Pour traverser le désert
Jusqu’au dépaysement
De moi- même !
Si un jour les dunes
Viennent à moi
Bras accueillants
Me saluant
M’enlaçant
Je t’appellerai pour goûter
A l’instant séparant
L’éveil de l’enivrement
Du grain de sable
Au grain de peau
Rien qu’un pas
Sur un tapis de velours
Que je déroulerai
Devant ton âme
Sans me presser !
© Maria Zaki
Les mots se sont tus
Lorsque je serai vieux et que tu seras vieille
Devant la cheminée consumant ses tisons
Partageant notre vie entre siège et sommeil
Nous nous tiendrons la main unissant nos frissons.
Nos yeux seront fixés sur la flamme nouvelle
Qui donne au bois mort des élans, des soupirs
Nous entendrons frileux la dernière étincelle
Nous dire qu’il est temps maintenant de partir.
Devant la cheminée nos yeux se sont fermés
Nos âmes envolées délaissent nos corps nus
La cendre a remplacé le bois qui est brûlé
Le temps s’est arrêté et les mots se sont tus.
© Chibani
Le clocher
Il se dresse fièrement, dominant le village
Et tout comme le phare, il est point de repaire
Les villageois confiants, lui adressent prières
Tout en s’abandonnant à sa présence sage.
Il est là rassurant, rythmant la vie terrienne
Chacun tourné vers lui pour les tâches quotidiennes,
S’en remet aux bruits clairs de ses cloches musicales
Qui rappellent aux fidèles, devoir dominical.
Si les cloches ponctuent le labeur de chaque jour,
Accompagnent chaque geste par quelques sons d’amour,
Elles appellent à la joie le bonheur d’une union
De la même façon, pour quelques communions.
Marquent aussi le chagrin d’une disparition
En teintant de tristesse le chant du carillon.
Et en cas de danger, elles sonnent le tocsin
En invitant chacun à resserrer les liens.
C’est ainsi, la vie passe sous la douce musique
De cloches bienfaitrices nichées dans le clocher.
Se dégage de ce lieu rassurant et mystique
Tout un charme prenant porteur d’éternité.
© Patrick Angonin
La marchande de rêve
Il fait nuit . Nous descendons sur la plage
Sous la voûte céleste planent de sombres nuages
Plongés dans nos obscures pensées
Pensifs sur l'horizon nos yeux sont rivés
Au loin se détache un somptueux éclair blanc
Une silhouette gracile avance vers nous à pas lents
Son voile léger vole et danse dans le vent
Ses frêles épaules dénudées des perles à son décolleté
Elle s'est assise pieds nus sur le sable mouillé
Et nous dit : Je suis la marchande de rêves
Que dites-vous ? marchande de rêves
Cela existe-t-il ? Dans nos pays plus de rêves
Ce sont les cauchemars qui en cadence
Envahissent et hantent nos nuits
Je vous trouve bien tristes amis
N'ayez crainte je suis porteuse de chance
Je n'ai pas de baguette magique
Imaginez des images ludiques
Votre sourire éloignera votre tristesse
Et vous verrez vos rêves en arabesques
Enrubannés de couleurs tendres évoluer
A vous de les saisir à vous de les interpréter
Et si vous y croyez cela ne sera plus une légende
Dans la pénombre de la nuit la marchande de rêves
Notre bohémienne d'un soir s'en est allée altière
Répandre à travers le monde la bonne parole
En usant de sa fantastique et joyeuse parabole
Sur son sillon blanc elle n'est plus que prière
Avant de disparaître dans une intense lumière
Où des rêves par milliers scintillent dans le ciel .
© Nadine Amiel
Opinion sur rue
De ma barcasse La Sardine au Fluctuat nec mergitur,
Mon navire, mon beau navire
Qui ja ja jamais ne chavire,
Que de rajoutis, de caviar, de notes, de deleatur…
Pierre, François, Tristan, Restif, Max, Paul, Charles, Guillaume, Arthur…
Parfois, ainsi qu’un jetonnier, dans mon Voltaire, je me carre
Comme dans la peautre à Caron,
Et je pense au pauvre Scarron,
A son Virgile travesti, à sa jatte et à ses escarres.
Prosailleurs en vers, rimailleurs en prose, je vous contrecarre.
J’aurai vécu de l’air du temps, de passades, de rogatons,
Toujours à la portion congrue,
Au bout des champs, aux coins des rues
J’avais ma besace, mon quart, mon canif, mon feu, mon bâton…
De ma Provence, une musique et des versets de mirliton.
Il est né ! Qui ça ? Il est né ! Qui ça ? Le forceps m’a fait naître
Dans les cris, dans les racontars…
Déjà, j’avais pris du retard.
J’aurais chanté pour des pruniers, pour les géraniums des fenêtres,
Pour les pierres des moulins, pour les nues sans me faire connaître.
J’ai des pavés de Soixante-huit, un masque à gaz, un porte-voix,
Des pancartes, des banderoles…
Mes pans de mur ont la parole !
Que veulent les peuples ? Des jeux, du perlot, du pain, du pivois !
Je suis pas à pas, mot à mot, de longs et cahotants convois.
De n’avoir hymnes ni drapeaux, ni Mariannes pour commensales,
De n‘avoir regrets ni remords,
Je le paierai après ma mort.
Vous défleurirez mon talus, vous étendrez mon linge sale,
Comme de l’ail, vous pilerez mes vers, ma verve provençale …
© Robert Vitton
(extraits)
Volets...
Refermés les volets où dons siège la nuit
A l'intérieur à l'extérieur où rien ne bruit
Ou bien dessous la lampe où plus profonde noire
Elle ne laisse au veilleur aucune échappatoire...
Quand au dehors la lune les astres scintillent
Mais qu'au-dedans de soi la flammèche vacille
Son pâle halo de la pièce obscurcissant
Ses coins d'où se lèvent hilares agaçants...
Ces farfadets grands amateurs de carambole
Sans rémission titillant l'homme qui somnole
A l'instar des constellations de leurs orbites
Le tirent par les pieds puis vivement l'incitent...
A délaisser céans sa couche ses ennuis
Pour ses volets rouvrir sur un fond bleu de nuit
au lieu de se claquemurer de se morfondre
préférer ce jeu des planètes à l'hypocondre...
© Henri Cachau
Absence
Je vis loin de la terre,
je préfère me murer
derrière mes absences,
en ma sauvage indifférence,
dans un silence,
récolte d'or,
échappé des déserts.
Je ne dors plus sur terre,
je préfère rêvasser
en la douceur feutrée
des nuits d'encre,
éclairée du néon
pâlichon de la lune,
à l'ombre d'étoiles filantes,
clignotante évanescence,
fugitive incandescence,
sur la toile infinie
d'un peintre de la nuit.
Je ne ris plus sur terre,
je préfère me fondre
au sourire des madones,
dans le charme discret
des églises, calme asile. . .
Je ne pleure plus sur terre,
j'ai entassé mes larmes
en un coin de ciel gris,
et elles coulent en pluie,
pleureuses à vie,
en chansons-cris,
exérèse chagrin...
© Hélène Laugier
Je veux croire à la paix au Moyen Orient
Je veux espérer que les horribles murs
S’écroulent et réconcilient
Les deux peuples
D’Israël et les Palestiniens
Je veux croire au bonheur de la paix qui reviendra
Je veux espérer que les deux prophètes
Les disciples de Moïse et ceux de Mahomet
Nourriront ensemble les colombes de la paix
Récolteront ensemble les grappes dorées
Pour la fête de l’éternité
Jusqu’à l’infini de la fraternité
Je veux croire au bonheur de la paix qui reviendra !
© Sonia Gebuhrer-Adam
Vieux coffre
Coffre au trésor enfoui sous le linceul des jours
Tu dors paisiblement à l'ombre de nos rêves
Dorlotant doucement de nos amours la sève
Tandis que le présent fait sonner ses tambours.
Toi qui cèles ci-bas le deuil de nos beaux jours
Qui berces en ton sein et sans fin et sans trêve
Les souvenirs d'un temps qui mourut sur les grèves
D'un passé disparu derrière nos fronts lourds.
Dis, quand reviendras-tu ensoleiller nos songes,
Même si quelquefois tu n'es qu'un beau mensonge ?
Dis ! Quand vas-tu enfin ressusciter le temps ?
Ce temps qui s'est enfui dans sa robe de moire
Comme une brume sombre où dorment nos vingt ans
Dans les limbes secrets de nos vieilles mémoires...
© Alain Gurly
Regards
Rien de plus précieux qu'un regard
Sur la vie , pour lui dire qu’on l’aime
Pierre unique parmi les gemmes
Malgré les destins de hasard
Rien de plus frais qu’un regard fleur
Etonné encore du bourgeon
Dont l’iris aux paupières affleure
A l’ouverture de ses boutons
Rien de plus coquin qu’une œillade
Mutine , balancée dans les cils
Allumant sur la promenade
D’un passant le désir subtil
Rien de plus seul qu’un regard borgne
Quand l’œil privé de jumeau lorgne ,
Sans pouvoir les embrasser toutes ,
Les poussières qui nimbent nos routes
Rien de plus triste qu’un regard vide
D’aveugle où orbitent deux lunes
Blanches, dans ciel languide
Témoin de son infortune
Rien de plus chaud qu’un regard miel
Dont la trouble limpidité
Promet toutes les voluptés
Sous l’arc du septième ciel
Rien de plus lourd qu’un regard noir
Venu des veines de la terre
Anthracite du désespoir
Mais dur et luisant comme un verre
Rien de plus nu qu’un regard fou
Perdu dans l’infini pourquoi
Et qui voudrait savoir d’où
Il vient et où il va…mais quoi !!?
Rien de plus violeur qu’un coup d’œil
Fouillant dans toutes les serrures
Et qui passe à travers les murs
Pour aller profaner le deuil
Il et de ces regards profonds
Qui mènent aux circonvolutions
Jusque dans leurs replis secrets
En se servant d’un canapé
Voyez…de regards il en est
Autant qu’étoiles en voie lactée
Certains brillants d’humanité
D’autres aux noirceurs condamnés
© Pierre Eyrignoux
DES GOUTS ET DES COULEURS...
(Sonnet)
Au risque de ne point me montrer charitable,
Laissez-moi vous saisir de mon étonnement
Quand je vois une belle, avec aveuglement,
S'amouracher d'un mâle... à mes yeux contestable!
Ainsi, près de chez moi, je connais un comptable
Non pas affreux mais moche, indiscutablement.
Plutôt petit, malingre, il va... péniblement,
Perché sur des talons d'épaisseur respectable.
Vous pensez, j’en suis sûr, que les dieux sont fautifs :
Dédaigné du beau sexe, un homme a cent motifs
Pour reprocher au ciel sa laideur, ou sa taille...
Quelle erreur! S'il ressemble aux manches des balais,
Toutes folles de lui, ces dames font bataille,
Car le temps paraît court sous le plus bref des laids!
© Gérard Laglenne
Vos poèmes sur internet *3*
La Société des Poètes Français
met à la disposition de ses membres
un espace sur internet pour publier vos poèmes.
Votre revue l'AGORA ne pouvant pas pour des raisons financières
augmenter sa pagination, ce nouvel espace internet
vous permettra de faire connaître vos poèmes.
* Envoyer par messagerie (uniquement) 2 poèmes,
taille 12, en Times, texte centré,
le Comité sélectionnera les poèmes devant être publiés et est seul juge,
les poèmes doivent tenir sur une feuille A4 au recto seulement
pour l'instant un seul poème sera accepté
envoyer à : spf.jfdussottier@orange.fr
*

J’aime ce moment où la nuit vient
Le vent se calme avec regret
Les chiens deviennent stoïciens
Les hirondelles jouent de l’archet
Assis sur un banc attentif
Au moindre bruit autour de moi
Je regarde les arbres pensifs
Me sentant heureux d’être là
J’aimerais que ce moment dure
Toute la nuit à l’infini
Pourquoi faut il que la froidure
Me dise de rejoindre le nid
Ces quelques instants magiques
Me rapprochent de la vérité
Qui depuis les temps antiques
Règne sur nos cœurs et nos idées
Nous savons que nous sommes Dieu
Chacun de nous n’est qu’une partie
D’un Tout unique et harmonieux
Qui dispense à son gré la vie
© Joseph Hönen
L’écho résonne en nous.
Les murs ornés de maux sont blanchis par l’obscur
De nos regards profonds, l’immanente justice
De paix, des mots vaincus ; la fleur éclot l’impur
Métal du temps, l’aiguille enfile ma blandice.
Un vertige, l’ailleurs de mon corps, l’essentiel
Brûlure en épis d’or, une noble naissance
Un enrichi destin qui maquille mon ciel
Devant le beau portail noir de l’inconscience.
L’écho résonne en nous comme cet hosanna
Nuptial, l’interdit bonheur se couronna
De succès fascinants encrant mes invisibles.
A quelques doigts de nous l’appétit aiguisé
Se réveille, des velours gravitent mon rêvé
En l’idéalisant — Je suis tes impossibles.
© James Denis
Saisons sentimentales
La magnétique effluve embaume ma naissance
Je m'enivre d'extase, affleure le printemps
Un fouillis de verdure en teinte d'abondance
J'étends la flânerie au pers de l'entre-temps.
Combien le ciel d'azur sur mon chemin si vague
Et le soleil pensant tous les impacts profonds
D'un hiver disparu en la claie de la drague
Exhibent leurs couleurs les esprits vagabonds
J'assemble les saisons bien fier de mes reliques
Symboles de constance, en deux siècles, présent
J'ai brouté tous les vers dans les chants mirifiques
Des automnes venteux, d'un mistral à l'accent.
Plus qu'un lointain mirage, un soleil qui opère
Tarit mon révolu aux charrois des étés
Me veux sentimental, la fleur bleue qui tempère
Ô sublime univers, ô suprêmes beautés.
© Gérard Hartalrich dit Artal
IN MEMORIAM
Vers les rives du temps, la ferme de Suzanne
Brisait les flots herbus, l’océan Campagnard.
Cet ancien bâtiment sous pavillon briard
Portait en ses flancs lourds la splendeur paysanne.
L’air sourdait du cellier par une barbacane ;
Dans ce filet d’air frais, Jean, un rude gaillard,
Tressait de grands paniers. Il puisait avec art
Chaque long brin d’osier d’une profonde banne.
Adieu menthe poivrée, adieu vieux saule blanc.
Voici plantés palmiers et thuyas bien en rang.
Sait-il notre terroir, ce rustre de la ville ?
Il préfère une grille à la barrière en bois
Et de sombres parpaings au muret d’autrefois.
De tels méfaits l’auteur aurait-il l’âme vile ?
© Pierre BERNARD
La plume
J’asservis mon poète et sa main malhabile
Je vis de ses émois, ses sanglots, ses désirs
La sève de ses mots me fait souvent frémir
Je suis de mon héros le bon maître docile
Je vais douce le soir et le matin mutine
Au long de chaque jour il travaille mon corps
Et je le fais souffrir pour trouver mon accord
Qu’il accueille toujours d’une larme divine
Je jouis de ses efforts, je respire sa peine
Je biffe en traits vengeurs ses fautes incertaines
Il me doit la primeur des perles de son cœur
J’asservis mon poète et ma foi souveraine
Je sais que dans sa main je suis plus qu’une reine
Voilà qui nous unit, voici notre bonheur
© Pascal LECORDIER
à venir